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Révision : 17 décembre 2015
Novembre 2015
 
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Durant la deuxième quinzaine de novembre, la filière avait prévu d’organiser quatre évènements professionnels : le Colloque Culture Papier, le Symposium 2015 de l'Impression Numérique et La Presse au Futur à Paris ainsi que les Rencontres de l’Union papetière à Grenoble.
Malgré le contexte tragique, tous les rendez-vous ont été honorés avec succès, preuve de la ténacité et de la résilience de nos métiers. J’ai participé à deux de ces rencontres : voici ce que j'en ai retenu.

Jacques de Rotalier (Décembre 2015)

5e Colloque Culture Papier - 17 novembre 2015 - Paris
"Transmettre : de la transmission orale à la numérisation du savoir, quel(s) rôle(s) pour le papier"

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

D’abord un mot sur le lieu de l'évènement : le Théâtre Michel à Paris. Comme l’a dit Laurent de Gaulle citant Louis Jouvet : "On est bien dans un théâtre !". Oui, on se sent bien dans un lieu où le dialogue, l’art, la culture et l’humanité excellent à travers tous les dons – y compris ceux des lecteurs et des orateurs. De plus, ce théâtre était à taille humaine et chaleureux. On en avait besoin, même si ce n’était pas toujours du premier confort !

Des tables rondes, des présentations de start-ups, des interventions de partenaires et une conclusion à deux voix avec le journaliste Allain Bougrain-Dubourg et Serge Orru, Conseiller auprès de la Maire de Paris, ont rythmé cette journée très riche. Cette lettre ne vous fait un compte rendu exhaustif de ce colloque mais vous propose de réfléchir à trois de ses moments forts.

Laurent Joffrin, directeur de Libération, encore sous le coup de l’émotion et de la fatigue, a raconté comment ses équipes, alors en pleine fête, ont vécu la tragédie des attentats du 13 novembre et comment elles ont travaillé. Réactivité nouvelle de la presse papier : à 22 h, l’impression du journal déjà commencée a été arrêtée et une édition spéciale a été préparée, sur laquelle la Une avait une importance symbolique particulière. Développement parallèle de l'information imprimée et en ligne, soutenu par les journalistes fournissant ensemble les deux médias dont l’un est riche et réactif, l’autre faisant appel au recul et à la réflexion. Gros souci : la gratuité, concept en faux semblant né dans le monde numérique, mais terriblement dévastateur pour toute la valeur intellectuelle et économique accumulée depuis des années.

Deux autres moments intéressants du colloque...

Une table ronde sur le thème "Papiers, mémoire, histoire" a réuni Christine de Mazières, déléguée générale du Syndicat National de l'Édition, Vincent Monadé, président du Centre National du Livre et Pascal Fulacher, ancien conservateur des Musées des Lettres et Manuscrits de Paris et Bruxelles. Le libraire y a été évoqué comme un acteur d’une vie sociale humaniste – ignorance et barbarie vont de pair – mais aussi de la vie économique locale. Le livre est encore le premier objet de culture. On y a aussi souligné le rôle essentiel du couple auteur-éditeur face à l’offensive commune des libertaires (Gabriel Cohn-Bendit intervenait dans la table ronde suivante !) et des libertariens (type Amazon) qui refusent tout intermédiaire entre l’auteur et le lecteur. Les facilités et l’efficacité du numérique poussent certains politiques français et européens à céder à la tentation de privilégier ce qui n’est qu’un nouvel outil à la place de ce qui fait la vraie richesse de l’humanité : le temps pour l’échange d’idées et d’expériences. Le niveau d’alerte n’est pas loin…

Le troisième coup d’œil vient cette fois de nos voisins britanniques. L’association Print Power, née en Grande-Bretagne, travaille avec Culture Papier sur l'argument suivant : la force de l’imprimé dans la communication économique et publicitaire. Les exemples fournis par Print Power dans les pays anglo-saxons et en France sont sans appel : le papier imprimé est le média qui met le mieux en valeur les messages et les produits.

Ce fut donc une journée riche et variée. Ceux qui n’ont pas pu venir peuvent demander les Actes du Colloque. Ils sont prêts à être imprimés.

Rencontres de l'Union papetière - 24-26 novembre 2015 - Grenoble
"Problématiques actuelles de l’Ingénierie et du Génie Papetier - Les fondements du Progrès"

À Grenoble, cœur de la recherche sur la cellulose et l’impression d’aujourd’hui et de demain, l’ATIP a réuni les industriels papetiers, fournisseurs, chercheurs et formateurs. Au centre de cette rencontre, une table ronde animée par l’excellent animateur Jérome Bonaldi sur l’industrie du futur, avec la participation de Raymond Redding, Chargé de Mission National de la Filière Papiers.

L’industrie papetière fait appel aux technologies les plus modernes : techniques, électroniques et chimiques. Ses ingénieurs se recasent facilement et les élèves-ingénieurs de Grenoble INP-Pagora ont 3 à 4 offres d’emploi à la sortie de l'école. La filière a donc tous les atouts pour préparer le monde numérique et décarboné de demain. Toutefois, elle ne le fait pas bien savoir car elle n’a pas assez confiance en elle et n’est pas (encore ?) assez unie.

Telles sont quelques-unes des conclusions que je tire de ces Rencontres qui réunissent tous les ans les fournisseurs des industries du papier carton. Eh bien, ces dernières restent présentes sur le territoire français et ne se sont pas effondrées, contrairement aux inquiétudes qu’on aurait pu avoir. L’Inter-secteur Papiers Cartons représente 1 200 établissements et 70 000 emplois répartis sur tout l'Hexagone et sont le maillon crucial d’une chaîne qui concerne des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs graphique, emballage, hygiène, etc. Mon constat pour cette année : il existe un véritable tissu de PME dynamiques et innovantes qui ne demandent qu’à se développer (ne les appelons plus sous-traitants, svp !). Cet évènement est l’un des meilleurs lieux où elles peuvent se présenter, s’exprimer et vendre leurs produits et services.

L’illustration parfaite nous en a été fournie par l'une de ces sociétés qui nous a accueillis lors d’une brillante soirée : Allimand, basée à Rives avec 300 salariés, qui fait plus de 80% de son chiffre d'affaires hors de France, jusqu’en Chine. Sa spécialité : fabriquer de A à Z des machines à papier de taille moyenne, donc plutôt faites pour des produits de valeur. Allimand a obtenu le contrat de la machine qui fabriquera en France les billets de 20 euros pour toute l’Europe. Ce n’était pas gagné d’avance, bravo...

Conclusion

Un peu de vocabulaire... Nos parlementaires étudient la manière de rendre l’information électorale plus efficace et moins coûteuse. Culture Papier a bien l’intention de participer au débat de manière intelligente et positive mais, par pitié, faisons tous un effort sémantique. Refusons et faisons reculer l’expression "dématérialisation" utilisée couramment. Employons le vrai terme qui est soit "numérisation", soit "digitalisation".

Bon courage à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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