Accueil Recherche | Plan Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base
NOUVELLE Cerig 
Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Nouvelles > Papier : quels futurs ?
Révision : 24 novembre 2015
Papier : quels futurs ?
 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante

Depuis quelque temps, on y voit un peu plus clair quant à l’avenir du papier graphique. Autant le papier comme outil de gestion souffrira de plus en plus face à l’efficacité d’Internet, autant le papier imprimé se trouvera conforté comme outil qualitatif de communication et de culture.

La dernière anecdote illustrant ce propos vient de Seattle : une librairie physique vient d’y être lancée par Amazon !

Jacques de Rotalier (Novembre 2015)

 

Un média bien particulier

   
Partagez sur Facebook

Rejoignez-nous

En savoir plus...
  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

L’un des atouts du papier est de faire appel à presque tous les sens : la vue, le toucher, l'odorat, l'ouïe voire le goût, chez les enfants ! C’est un média total.

De récentes études américaines nous en apprennent un peu plus sur le toucher.

Sappi North America a demandé au Dr. David Eagleman, un neuroscientifique, une analyse approfondie sur ce que ce sens représente dans l'évolution humaine [A Communicator's Guide to the Neuroscience of Touch]. C’est un élément fondamental pour le développement équilibré de l’être humain. On a ainsi détecté des zones importantes du cerveau (50% d’après les recherches actuelles) directement liées à toutes les parties de la peau, plus particulièrement les doigts, zone ultrasensible et puissante, activée depuis longtemps par Homo sapiens. Cet outil indispensable de perception du monde environnant a aidé ce dernier à développer des formes de connaissance uniques dans le monde animal. Une carte somato-sensorielle du cerveau montre à quel point le sens tactile interagit avec cet organe et combien il est important de toucher pour comprendre et créer de l’empathie. Les maternités et les familles commencent d'ailleurs à s’en rendre compte.

Quelle relation ces recherches ont-elles avec le papier ? Justement, le Dr. Eagleman a fait l’expérience : comme toucher crée un sentiment d’appropriation de l’objet que l’on tient en main, l’imprimé que vous lisez impacte mieux vos sens et votre mémoire.

Cette analyse va dans le sens d’une étude conduite par une société canadienne de neuro-marketing TrueImpact relatée par Roger Dooley dans Forbes selon laquelle la lecture sur papier demande moins d’efforts (21%) de compréhension que la lecture sur écran et que le taux de rétention sur imprimé est de 77% contre 44% pour l’écran. Il y ajoute un taux de réaction émotionnelle plus forte et une meilleure activation des zones du cerveau liées à la valeur et au désir.

Renouveau d'un groupe de presse

Je ne sais pas si le Groupe Prisma Media a pris connaissance des études en question mais, cette année, son activité va tout à fait dans les directions préconisées. En effet, dans un passé récent, ce groupe était surtout connu pour publier des magazines populaires, à prix limité, destiné à un large public. Déclinée sur trois magazines lancés en 2015 – Flow, en février, As You Like en avril et Serengo fin octobre – sa nouvelle stratégie mise sur la qualité du contenu, des photos et des papiers. Du coup, le prix n’est plus un instrument de bataille concurrentielle, ce qui permet de limiter la publicité à 30% des revenus. Bien entendu, cette stratégie imprimée est complétée et appuyée par une stratégie Internet : blogs et réseaux sociaux nourrissent l’ensemble.

À suivre…

Un leader mondial

Quand Arnaud Lagardère a pris brutalement la succession de son père en 2003, beaucoup ne donnaient pas cher de sa filiale Hachette Livre, activité un peu ringarde pour un jeune loup moderne. Où en est-on douze ans après ? Grâce à son PDG Arnaud Nourry, un homme du sérail, Hachette Livre, devenu le 3e éditeur mondial de livres, dégage une marge opérationnelle de 250 millions d’euros, après avoir passé la crise sans dommages. Corseté en France vu sa taille, il se développe néanmoins dans les pays anglo-saxons où il publie plus qu’en français.

C'est l’un des rares groupes à tenir tête successivement à Google, Amazon et Apple afin de défendre le métier d’éditeur qui n’est pas seulement celui de fournisseur de contenu. En ce qui concerne l’avenir du livre, il est fondamentalement optimiste et note une cohabitation livre papier - livre numérique, mais ne voit pas le numérique dépasser le papier. Un nouveau plan stratégique, récemment accepté par Arnaud Lagardère, définit Hachette Livre comme un "groupe mondial fait d’une constellation de maisons modernes inscrites dans le temps long".

Belle leçon faite d’intelligence et de constance malgré les préjugés négatifs du départ. Hachette Livre se porte bien mieux que la plupart des autres activités du groupe Lagardère !

Des livres pour la planète

Nous sommes à quelques semaines de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21/CMP11). Comme tout évènement important, il fait l’objet d’activités médiatiques et de réflexions variées. Un recensement récent relève la publication de 150 livres en France sur le sujet. Derrière les titres vedettes du Pape François et de Nicolas Hulot, quasiment tous les éditeurs, suivant leur sensibilité ou leur créneau, ont sorti des ouvrages liés à la COP21.

À noter que de grands centres de recherche s’y sont mis également : cinq livres pour l'éditeur Quæ (quatre instituts fondateurs : Cirad, Ifremer, Inra et Irstea), quatre pour le CNRS... Caractéristique de cette production spécifique, ce sont souvent des livres peu onéreux. Comme quoi, il est possible de fournir de la réflexion imprimée de qualité à des prix raisonnables !

Une première en France

On l’attendait près de Strasbourg sur l’ancien site de Stracel. Elle sera finalement construite dans les Vosges à Golbey, site de la plus belle installation papetière française et plus importante usine de papier journal d’Europe de l’Ouest. Je veux parler de la première bioraffinerie française à partir de composés et de résidus de bois.

La société française Biométhodes, spécialiste de la transformation de biomasse non alimentaire, et le papetier norvégien Norske Skog se sont alliés pour lancer le projet BioSkog : créer une unité pilote d'ici la fin de 2016, l'objectif étant de construire une bioraffinerie d'une capacité de transformation de 40.000 tonnes de biomasse par an, qui devrait être opérationnelle dès 2018.

Il faut saluer le travail des acteurs de Norske Skog à Golbey : ils disposent d'une magnifique usine sur un marché extrêmement difficile (le papier journal) et ont su créer autour de leur site un éco-système fort intelligent regroupant toutes les forces économiques et sociales locales et régionales. La difficulté peut être un stimulant

Bravo.

Conclusion

Un petit conseil de Bernard Pivot : avant de passer un tweet sur Internet, écrivez-le sur un bout de papier. Vous prendrez alors un peu de recul et en testerez ainsi la pertinence !

Bon courage à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
   Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base   
 
Copyright © Cerig/Grenoble INP-Pagora
 
Mise en page : A. Pandolfi