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Révision : 19 mai 2016
Nos forêts en 2016
 
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Depuis une quarantaine d’années, quatre ou cinq rapports nationaux ont fait des points d’étape sur l’état de nos forêts. Ils sont généralement bien écrits, assez lucides sur un pan important de l’économie nationale – 60 milliards d’euros de chiffre d'affaires, 440 000 emplois – mais leurs recommandations mettent beaucoup de temps à donner des résultats. Ainsi, la filière est toujours la deuxième en terme de déficit extérieur (5,5 milliards d’euros).

Jacques de Rotalier (Mai 2016)

De l'économie forestière

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Tout de même, peu à peu, certaines choses ont avancé : les forestiers se sont un peu mieux organisés et regroupés pour se connaître, se faire connaître et faire connaître l’intérêt économique et écologique de leur activité.

La forêt française, la plus vaste du continent, est un immense puits de carbone. De nouveaux débouchés se développent rapidement, le bois de chauffage par exemple, ou plus lentement : le bois prend peu à peu une place non négligeable dans le bâtiment. Les scieries, maillons essentiels de cette chaîne, se sont réorganisées et réorientées, mais il y a encore fort à faire pour concurrencer certains de nos voisins européens présents depuis des lustres sur ce marché.

Même s’il paraît que la surface consacrée à la forêt française ne croît plus beaucoup, ladite surface est l’une des plus importantes de l’histoire récente. En revanche, sa croissance annuelle n’est récoltée qu’à 60 %. C’est mieux qu’il y a quelques années, mais cela reste un peu trop court : imaginez le sort d’une usine qui ne tourne qu’à 60 %, ou d'une récolte de blé qui perd 40 % de ses grains ! Pourtant, certains trouvent que c’est déjà trop ! Allez ! Si l'on passait à 80 %, on résoudrait quelques problèmes économiques sans trop fâcher certains écolos…

En Occident, la forêt cultivée est une ressource verte quasi inépuisable mais ignorée car elle a un inconvénient : elle demande du temps au temps dans le monde impatient d’aujourd’hui. Ses produits demandent entre 15 et 60 ans pour donner des résultats, une échelle inimaginable pour certains ! L'un de nos meilleurs experts du numérique a même écrit l’autre jour que c’était un capital dormant : on a eu un échange de courriels un peu musclé sur le sujet !

Heureusement, le dernier rapport met le doigt sur un aspect peu abordé jusqu’ici, la recherche. Il s’appelle donc Plan recherche & innovation 2025 - Filière forêt - bois. C’est une bonne nouvelle, les lecteurs de cette lettre apprécieront. La fibre cellulosique est un peu notre or vert : il y a donc urgence à mieux la connaître, à en développer les possibilités et à trouver "les domaines futurs d’utilisation des fibres et de la chimie". À plusieurs reprises, les termes bois/fibre et bois/chimie sont mentionnés. Espérons simplement que ce rapport mette vite en œuvre des programmes de recherche coordonnés en s’appuyant sur l’Europe, car là aussi tout cela mettra du temps à se concrétiser. Les forêts primaires sont trop précieuses pour la préservation du climat, du coup les forêts cultivées auront des rôles cruciaux dans la nouvelle économie circulaire : puits de carbone, recyclage, produits et constructions écologiques, recherche... si on les exploite raisonnablement. Saisissons cette chance !

De la forêt urbaine

Un autre concept forestier est né récemment, appelé la forêt urbaine : il s’agissait pour les Anglo-Saxons de rendre plus imagée la collecte de papiers destinés au recyclage en ville. Superbe trouvaille marketing ! Une artiste française a fait mieux : Eva Jospin a créé le Panorama dans la Cour Carrée du Louvre (12 avril-28 août 2016). L’écrin extérieur est fait de miroirs qui reflètent merveilleusement l’harmonie de cette cour. Puis vous entrez à l’intérieur de ce volume, il fait sombre, vous avancez un peu et vous retrouvez alors au milieu d’une forêt admirablement sculptée. Ce nouveau type de forêt urbaine est fait de carton, une matière que travaille Eva Jospin depuis toujours pour notre plus grand bonheur et pour une vraie surprise. Cette exposition, facile à transporter, voyagera dans le monde entier.

 
[Le Monde]
     

Du dessin et de la peinture

Deux expériences récentes m'ont montré combien l’expérience sensuelle du rapport de la main, de l’œil, du cerveau et de la feuille de papier reste importante dans le monde actuel. D’abord une bande de gamins (4-10 ans) "montés sur ressorts", comme le sont souvent les gamins actuels : donnez-leur des feuilles de papier vierge ou des cahiers à colorier, des crayons de couleurs, des gommettes et vous devriez obtenir une bonne heure de concentration sur leurs œuvres, certaines pas mal du tout… N’oubliez pas tout de même de leur faire faire une petite exposition, cela flattera leur égo… et celui de leurs parents !

L’autre expérience est la découverte d’un grand artiste totalement méconnu jusqu’ici. Portugais, mort très jeune de la grippe espagnole en 1918, il a fréquenté tous les grands artistes rassemblés à Paris avant la Première Guerre mondiale, spécialement Delaunay, Modigliani et Brancusi. Il s’appelle Amadeo de Souza-Cardoso et son œuvre exposée à Paris est étourdissante et inclassable car il s’est nourri de toutes les influences esthétiques de son temps (cubisme, futurisme, orphisme, expressionnisme…) sans se fondre dans l’une ou l’autre. Couleurs et formes stimulent l’imagination comme rarement ! Découvrir aujourd’hui un grand artiste un siècle après sa mort, alors qu’on croyait bien les connaître quasiment tous est une (autre) surprise vraiment réjouissante. Une superbe exposition lui est consacré au Grand Palais (20 avril-18 juillet 2016), en ce moment. Allez-y si vous pouvez.

 
[YouTube]
     

Des libraires thérapeutes

Pour terminer cette lettre, je voudrai reprendre ce que le psychiatre Christophe André, qui publie beaucoup, dit des librairies et des libraires : "La librairie est une sorte d’oasis, c’est un endroit chaleureux, calme, où les choses vont lentement – tout est stressant ailleurs". C’est aussi, selon lui, un espace d’approfondissement où l’on va faire travailler son intelligence, sa sensibilité. Quant aux libraires, ils sont pour lui mi-soignants, mi-enseignants. Ils prescrivent des livres, lui aussi. Au fond, ils font un peu le même métier que lui, bien utile dans le tourbillon médiatique actuel.

Bon courage à tous !

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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